Interview #Greentober – Margaux Saly, Associate Producer du studio Passtech Games

Par Théo Vignon

A l’occasion du #GREENTOBER, notre mois thématique dédié à la sensibilisation de la filière du jeu vidéo à la problématique de l’impact carbone, nous avons eu le plaisir de poser nos questions à Margaux Saly, Associate Producer du studio lyonnais Passtech games afin d’en savoir plus sur les enjeux environnementaux des studios de jeux vidéo.

Peux-tu présenter ton studio et ce que vous faites ?

Margaux Saly : Passtech Games est un studio de développement de jeux vidéo depuis 2012, on a sorti 4 jeux qui sont Space Run, Space Run Galaxy, Masters of Anima et Curse of the Dead Gods

Notre studio a été récemment racheté par Nacon, nous travaillons avec eux sur notre cinquième jeu.

Chez Passtech, nous faisons des jeux plutôt PC/console, action top down, c’est notre spécialité. Nous sommes actuellement 14 personnes au sein du studio.

Nous avons emménagé dernièrement dans des nouveaux locaux à Gratte Ciel à Villeurbanne et nous allons devoir recruter pour la production de notre prochain jeu.

Es-tu consciente de l’impact carbone de notre industrie du jeu vidéo ?

Margaux Saly : Nous n’avons pas d’outils de mesure dédiés et j’aimerais justement savoir comment mesurer notre impact. On imagine assez facilement qu’en sortant nos jeux sur les plateformes comme Steam, Xbox Game Pass, sur consoles et PCs, cela a un impact carbone même à notre échelle. 

Nous essayons déjà de réduire cet impact, par exemple nous ne faisons pas de sorties de jeux physiques pour privilégier le dématérialisé.

Dans l’impact d’un studio, il y a aussi tout le matériel utilisé au sein de l’entreprise : les écrans, les tablettes graphiques ou encore les serveurs qui restent allumés en permanence pour être accessibles à distance.

Donc je pense qu’on en a conscience mais que tant que l’on arrivera pas à le mesurer, on ne saura pas comment s’améliorer. Nous avons envie de continuer à produire les jeux qu’on a envie de faire, online ou pas, avec les outils dont on a besoin pour travailler. 

Alors comment faire pour réduire notre impact ?

Peut-être en achetant des PCs d’occasion plutôt que des PC neufs, pareil pour les écrans ou encore en recyclant ?

Justement, as-tu mis en place au sein de ton studio, des démarches écologiques et/ou des bonnes pratiques responsables ?

Margaux Saly : Pour continuer sur le recyclage, je pense que c’est la première action, la plus simple à mettre en oeuvre. Nous avons un système de recyclage qui fonctionne plutôt bien à Lyon, autant en profiter. Cependant, nous ne sommes pas sûr que ce soit respecté à 100% par nos équipes, il y a encore de la sensibilisation à faire là dessus, plus de signalétiques pour bien expliquer ce qui va dans chaque poubelle.

Les choses basiques qui sont d’éteindre les lumières et les clims en partant, même si ce n’est pas grand chose, c’est un bon geste pour guider vers un autre bon geste par la suite.

Nous essayons de mettre en place les choses progressivement, notre prochaine étape serait de pouvoir équiper nos équipes avec du matériel d’occasion.

Pour le reste, je suis vraiment à l’écoute des bonnes pratiques des autres studios, le composte, c’est quelque chose de super intéressant, donc à voir comment c’est faisable. Il y aussi la question des serveurs, est-ce qu’il existe des serveurs bons pour la planète ? 

Je n’en suis pas sûre mais c’est quand même des questions qu’on peut étudier et au moins essayer de se renseigner.

Qu’est-ce qu’il manque aujourd’hui à l’industrie du jeu vidéo pour entreprendre un tournant écologique ?

Margaux Saly : Je pense qu’il y a un manque d’informations sur le sujet. Il faut sensibiliser les constructeurs, les développeurs et les éditeurs en leur proposant des solutions concrètes sans tomber dans le greenwashing

Est-ce qu’il y a des manières plus « green » de fonctionner ? 

Il est vrai que cela doit partir de la base, les studios de développement, pour qu’ensuite les bons gestes soient transmis aux joueurs. 

C’est pour cette raison que les jeux à fort impact social ou environnemental sont intéressants car ils mêlent le ludique à l’apprentissage et la sensibilisation, cela permet d’apprendre en s’amusant.

Curse of the Dead Gods est disponible sur PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch

Qu’est-ce que tu dirais à un confrère du jeu vidéo qui n’a pas conscience de l’impact écologique de notre filière ?

Margaux Saly : De vous contacter (rires). Je pense que la bonne pratique est de lire des articles à ce sujet, se renseigner pour prendre conscience de la chose, il faut avoir les chiffres et les informations devant les yeux. Il n’y a que comme ça que l’on peut imaginer par la suite ce qu’il faut mettre en place à notre échelle.

Un grand merci à Margaux Saly pour sa disponibilité, pour plus de témoignages de studios, retrouvez sur notre site l’interview #Greentober de Caroline Martinand, CEO du studio Souris-Lab 

Replay émission #Greentober - L'écologie et le jeu vidéo

Vous pouvez également retrouver Margaux dans le replay de notre première émission Twitch spéciale #Greentober en compagnie de Nicolas Brière et Eleonore Gilles du studio Old Skull Games ainsi que Mathilde Yagoubi et Claire Paul de Game Only.